
| L'incontinence anale | |
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Comment l'évaluer avant de la traiter ?
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Comment évaluer l’incontinence anale avant de la traiter ?
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Pr Jean-Luc Faucheron Unité de Chirurgie Colorectale, Département de Chirurgie Digestive et de l’Urgence Hôpital Albert Michallon, BP 217, 38043 Grenoble cedex 9.
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Introduction |
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Interrogatoire et examen clinique L’interrogatoire doit s’attacher à rechercher des antécédents médicaux qui pourraient retentir sur la continence (existence d’un diabète ou d’une sclérose en plaque par exemple), des antécédents chirurgicaux qui pourraient avoir un effet néfaste sur la continence anale (chirurgie sur une hernie discale lombaire par exemple) et enfin des antécédents traumatiques qui pourraient expliquer un trouble de la défécation ou de la continence anale (traumatisme rachidien ou fracture du pelvis par exemple). Il faut ensuite interroger très précisément le patient ou la patiente sur ses antécédents éventuels de chirurgie sur l’anus (cure de fissure anale, de fistule anale, de maladie hémorroïdaire) et sur ses antécédents gynéco-obstétricaux (travail long, gros bébé, accouchement difficile, voire déchirure périnéale ; il faut alors recueillir le traitement réalisé à l’époque, ou ultérieurement). L’examen clinique débute par une inspection qui doit permettre de déceler une déformation de l’anus, une absence localisée des plis tout autour de lui (faisant évoquer une rupture au même niveau), un bombement périnéal ou un trouble évident de la statique pelvienne (comme une descente du rectum ou une descente des organes génitaux) qui peuvent faire évoquer un étirement des nerfs qui contrôlent l’anus (autrefois appelés « nerfs honteux ») et donc une incontinence anale d’origine nerveuse. Le toucher rectal est essentiel : il permet d’estimer la pression de repos de l’anus objectivée par le degré de résistance à la pénétration du doigt et surtout la contraction volontaire de l’appareil sphinctérien. La sensibilité de la peau périnéale doit être précisée également, car elle peut faire évoquer des troubles neurologiques plus complexes, voire un début de compression de la moelle épinière toujours inquiétant (suspicion de tumeur par exemple). |
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Bilan paraclinique de première intention De nombreux examens peuvent être proposés dans le cadre d’une incontinence anale, mais dans le souci d’une économie de santé et puisque cette pathologie est fréquente, il faut savoir se limiter à deux examens systématiques, dés l’instant que le diagnostic est posé sur l’interrogatoire et l’examen clinique et que le patient souhaite une prise en charge. Le premier examen est une échographie endo-anale ou endovaginale : elle permet de déceler une rupture sphinctérienne anale non évidente cliniquement, comme une rupture isolée du sphincter interne ou une rupture très limitée du sphincter externe. Le deuxième examen est une manométrie anorectale, qui aura pour objectif de préciser le degré d’atteinte de la pression de repos et de la pression de contraction volontaire, souvent déjà évoquée au doigt, nous l’avons vu. |
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Bilan paraclinique de deuxième intention Cette deuxième série d’examens ne sera demandée que devant une orientation clinique particulière. Ainsi un EMG (électromyogramme) pourra être réalisé si une cause nerveuse est suspectée ; cet examen est assez mal vécu car il est un peu douloureux. Une IRM médullaire permettra d’éliminer la présence d’une tumeur de la moëlle épinière. Une coloscopie éliminera une tumeur du colon si les fuites sont glaireuses, abondantes, fréquentes, et mélangées à du sang. Un trouble de la statique pelvienne évoqué cliniquement sera confirmé par des radiographies des organes du petit bassin (viscérogramme pelvien ou IRM). |
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L’établissement d’un score d’incontinence anale La sévérité de l’incontinence anale et de son retentissement peut être rapidement chiffrée par l’utilisation d’un score d’incontinence anale, dont il en existe beaucoup dans la littérature. Le score de la Cleveland Clinic de Floride aux Etats-Unis est le plus simple d’entre eux. Il est reproductible et permet une comparaison du degré d’incontinence anale non seulement du patient avec lui-même (pour tester l’évolution et le résultat d’un traitement quel qu’il soit), mais aussi entre les patients dans le cadre d’études scientifiques. Il se calcule en attribuant à 5 items différents (incontinence aux gaz, incontinence aux selles liquides, incontinence aux selles solides, port de protection et gêne sociale) une note de 0 (absence) à 4 (plusieurs fois par jour). Le total du score va donc de 0 (aucune fuite) à 20 (incontinence totale) 2. Il existe bien sûr d’énormes biais à l’utilisation de ce score et nous pouvons en citer quelques uns parmi les plus fréquents : la fréquence des fuites peut être diminuée par le respect d’un régime draconien ou l’utilisation de médicaments ralentisseurs du transit ; le port de garnitures peut être imposé par une fuite d’urines ; une incontinence aux gaz chez une jeune femme travaillant en communauté peut être beaucoup plus invalidante qu’une fuite de selles solides chez un sujet travaillant à domicile, etc. Quant aux scores de qualité de vie, très nombreux également, ils sont d’utilisation difficile et rendent peu de service chez un patient donné, considéré isolément. |
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Les différents groupes d’incontinence anale Pour le chirurgien, il existe 4 groupes de patients présentant une incontinence anale. Cette distinction a un impact direct sur le traitement 3. Le premier groupe est celui des ruptures sphinctériennes franches, comme elles peuvent se rencontrer après une déchirure obstétricale de stade 4 non réparée ou un traitement d’un abcès volumineux de l’anus. Le deuxième groupe est celui des troubles de la commande nerveuse, dominés par la neuropathie dite un peu rapidement « d’étirement ». L’appareil sphinctérien, dans ce cas, est strictement normal à l’examen. Le troisième groupe est le groupe de l’incontinence anale à appareil sphinctérien intègre et à commande nerveuse toujours présente. C’est dans ce cadre, par exemple, que se trouve l’incontinence anale sur syndrome diarrhéique. Le quatrième groupe est le groupe de l’incontinence anale par intrication des tableaux précédents, la plus difficile à traiter. C’est par exemple le cas de l’incontinence anale survenant après ablation d’un cancer du rectum : les rayons et la chirurgie d’ablation du rectum ont lésé les nerfs commandant le rectum résiduel et l’anus, la capacité et du rectum est diminuée, un resserrement de la couture entre le colon et l’anus après ablation du rectum modifie le jeu de la défécation et de la continence et enfin une lésion même minime du sphincter est fréquente. |
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Conclusion
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Références 1. Damon H, Guye O, Seigneurin A, Long F, Sonko A, Faucheron JL et al. Prevalence of anal incontinence in adults and impact on quality-of-life. Gastroenterol Clin Biol 2006;30:37-43. 2. Jorge, Wexner SD. Etiology and management of fecal incontinence. Dis Colon Rectum 1993;36:77-97. 3. Faucheron JL. Anal incontinence. Presse Med 2008;37:1447-62. |
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| Mortalité des cancers colo-rectaux | |
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IL FAUT (ON DOIT) DIMINUER LA MORTALITÉ DES CANCERS COLO-RECTAUX Professeur Hughes Baumel (Montpellier) |
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IL FAUT (ON DOIT) DIMINUER
LA MORTALITÉ DES CANCERS COLO-RECTAUX
Professeur Hughes Baumel (Montpellier)
Plus de plus de 16000 décès chaque année ! Quatre fois plus que les accidents de la route! C’est excessif et insupportable. D’autant plus que lecancer colo-rectal peut guérir dans près de 100% des cas lorsque son diagnostic est fait au tout début de la maladie, alors que les symptômes ne sont pas encore apparus.
Le retard de diagnostic
Ce cancer , responsable de tant de décès, se développe plus de 9 fois sur 10 sur une tumeur bénigne méconnue existant depuis plusieurs années ! Alors tout doit être mis en œuvre pour détecter ce cancer aussi précocement que possible lorsqu’ il est encore localisé dans la paroi de l’intestin et tout à fait guérissable. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui ces tumeurs n’étant généralement découvertes qu’après l’apparition de symptômes notamment de saignements. Il en résulte que le taux de leur guérison est seulement proche de 50%. Trop souvent le cancer a dépassé l’épaisseur de la paroi colique, atteint les ganglions de la région, voire essaimé dans certains organes à distance comme le foie. Ce retard du diagnostic est en cause dans près de la moitié des 16000 décès annuels.
Des progrès sans incidence sur l’évolution de la maladie
Pourtant de nombreux progrès ont été enregistrés dans le diagnostic et le traitement de ces cancers. Tous ces progrès n’ont aucune incidence sur le stade évolutif de la maladie et n’influencent que très peu la mortalité. Ils n’agissent que sur une adaptation optimale du traitement. Seuls les meilleurs cas (une petite moitié) pourrons guérir.
Une véritable cause nationale
De nombreuses équipes médicales ayant validé ce constat, les pouvoirs publics se sont émus faisant de cette maladie une véritable cause nationale. Vous pensez, 16000 morts par an ! au deuxième rang de la mortalité par cancer après les décès dus au cancer du poumon. C’est pourquoi à partir de 2002 sur les conseils des médecins le gouvernement a voulu mettre en place un dépistage de masse organisé de ce cancer, destiné a le détecter au plus tôt avant la présence de symptômes ce que ne peuvent pas faire les médecins. Vous pensez si on pouvait réduire cette mortalité de 20% ( 3000 décès), de 30% ( 5000 décès), voire, ce qui est possible, de 40 à 50% ( 7 ou 8000décès), comme pour les accidents de la route, quelle victoire sur le cancer !
La découverte du test Hemoccult
Restait à trouver le moyen de détecter la maladie avant qu’elle ne se manifeste. Ce fut fait avec la découverte d’un test qui permettait de détecter la présence de sang invisible dans le selles, le test Hémoccult. Mais quelle gageure car la population concernée, celle des hommes et des femmes de 50 à 74 ans qui est la plus exposée au cancer colique, compte 16 000 000 de personnes. On devine aussi l’organisation et le coût public d’une telle opération. Pendant quelques années le dépistage n’a été organisé que dans quelques départements pilotes. Il est actuellement étendu à tout la territoire sous la forme de structures départementales sous la tutelle de l’Institut National du Cancer (INCA) et bien entendu du Ministère de la Santé. On se rend compte de l’immensité de la tâche entreprise. Elle se réalise par campagnes successives de 2 ans pendant lesquelles la structure invite la population recensée à pratiquer un test Hémoccult fourni gratuitement la plupart du temps par le médecin traitant. Si le test est positif il doit être suivi d’une coloscopie, si il est négatif un nouveau test doit être pratiqué 2 ans plus tard jusqu’à l’âge de 74 ans.
Les premiers résultats
En moyenne les résultats globaux sont les suivants : le nombre des tests pratiqués est de l’ordre de 3% Les coloscopies décèlent une lésion dans 60%des cas. La plupart de ces lésions sont bénignes (polypes). Dans 27% des cas il s’agit de polypes à haut risque (formes de passage avec les cancers) et dans 8% de cancers déclarés. Bien sûr un Hémoccult positif ne signifie pas la présence d’un cancer. Il n’est qu’une étape qui permet d’établir une sélection à la coloscopie car celle-ci ne peut être pratiquée directement en raison de son coût et pour des résultats négatifs dans 80% des cas. Certes ce test n’est pas une panacée car certains sont faussement négatifs permettant à de très rares cancers de se manifester pendant l’intervalle qui sépare deux campagnes.
Une participation insuffisante
Il est indispensable pour que la diminution de la mortalité soit significative dans une population de masse que l’acceptation du test, la participation, soit obtenue dans plus de 50% des invitations. C’est loin d’être le cas puisque au niveau national ce taux stagne à 42% et que plusieurs départements se situent autour de 30%. Les femmes participent plus volontiers (47 %) que les hommes ( 40 %). Sans doute ont-elles plus qu’eux la culture du dépistage en raison des mammographies et des frottis cervicaux. Tous ces chiffres sont insuffisants. Pourtant 16000 morts ne méritent elles pas que des milliers de vie puissent être épargnées par l’effort qui permettrait d’augmenter cette participation de 15 à 20%. La contrainte du prélèvement de selles pendant trois jours est un des freins reconnus. Plusieurs pistes sont actuellement à l’étude pour tenter d’améliorer le test Hémoccult et même de le remplacer par un test sanguin.
L’intérêt évident du dépistage organisé.
Il évite de nombreuses coloscopies inutiles. Il représente la meilleure méthode pour détecter des cancers parfaitement curables. C’est aussi un acte de prévention secondaire puisqu’il permet la détection de polypes bénins, véritables graines de cancers, et de les enlever au cours de la coloscopie ce qui devrait diminuer le nombre de nouveaux cancers du colon et du rectum. Lorsque un cancer très localisé est découvert par le dépistage, la chirurgie peut être limitée un acte beaucoup plus léger uniquement endoscopique. La radiothérapie et la chimiothérapie n’ont pas besoin d’être utilisées. Quels avantages et combien de décès en moins !
Un devoir citoyen individuel
La mortalité due aux cancers colo-rectaux doit être réduite par un dépistage de masse organisé. C’est un devoir des pouvoirs publics qui l’ont compris. C’est aussi un devoir citoyen individuel. Mais celui- ci n’est pas rempli. Si c’était le cas certains parlent de la possibilité d’une diminution de la mortalité de 50%, comme l’a réalisé la prévention routière. Mais pour la route le gendarme est là et les sanctions sont lourdes. Pour le cancer colique ces méthodes ne peuvent pas être utilisées pour obtenir l’adhésion indispensable au dépistage. Seule une prise de conscience de chacun pourrait y parvenir, car en s’épargnant soi-même on peut aussi épargner la vie des autres. 16000 décès chaque année, et la possibilité d’en éviter de nombreux ne sont ils pas une cause suffisante pour le faire, car on peut le faire, et on doit le faire.
| Cancer du Colon | |
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Prise en charge actuelle et organisation des soins - Dr Jean- Baptiste MERIC – Oncologue – Centre Médical de Bligny (91) |
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CANCER DU COLON :
PRISE EN CHARGE ACTUELLE ET ORGANISATION DES SOINS
Présentation médicale faite à la 20ème Assemblée Générale d'ILCO 91
Samedi 10 octobre 2009 - Centre Médical de Bligny Essonne (91)
Le cancer du colon est un des cancers les plus fréquents en France. On estime son incidence à 20 000 nouveaux cas chaque année chez l'homme et 15 000 chez la femme, ce qui le place au 3e rang des cancers, derrière le cancer du sein et le cancer de la prostate.
Le cancer colorectal reste une maladie mortelle pour beaucoup de patients, avec encore de l'ordre de 15 000 décès par an. Seul le cancer du poumon est responsable d'une mortalité plus importante. Pourtant le cancer colique est facilement curable, lorsqu'il est pris à temps, ce qui est possible.
En effet, les cancers du colon sont précédés par des lésions précancéreuses : des polypes, appelés aussi adénomes. D'un petit adénome à un adénome en transformation, puis à un cancer, il faut environ 10 ans. Or deux tiers des cancers colorectaux et des adénomes de plus de 2 cm saignent au moins une fois par semaine.
Le dépistage par recherche de sang dans les selles a de grande chance d'être rentable pour détecter non seulement des cancers, mais surtout des lésions précancéreuses. C'est tout l'intérêt des campagnes de dépistage actuelles par hémoccult. Si l'ensemble de la population se soumet régulièrement à ces campagnes, il est fort probable que l'on détecte, au final, très peu de cancers et quasi exclusivement des polypes bénins, qu'il suffira de retirer par coloscopie. Pour obtenir ce résultat, il faut que l'ensemble des patients de 50 à 74 ans se soumettent régulièrement au test, ce qui n'est pas encore le cas en France.
Ce test ne remplace malheureusement pas la coloscopie, qui est indiquée dès que l'hémoccult est positif ou pour les patients présentant des antécédents familiaux. La généralisation de ce dépistage par hémoccult est un des points mis en œuvre par le plan Cancer.
Ce plan, lancé en 2002, par le Président CHIRAC, organise aujourd'hui toute l'activité en cancérologie. Sur un plan strictement politique, il faut noter que ce plan présente deux spécificités qui ont permis son succès :
- tout d'abord une mise en œuvre très rapide, puisque le Président CHIRAC avait annoncé le plan le 14 juillet 2002 et que le 26 mai 2003, le Ministre de la Santé, Monsieur MATTEI présentait déjà la liste des actions concrètes à mener,
- deuxièmement un budget conséquent de 700 millions d'euros attribué à l'Institut National du Cancer. L'attribution du budget à une agence gouvernementale a été un point crucial de la réussite du plan cancer. En effet, ce budget est sorti de la masse budgétaire commune pour les actions gouvernementales et n'a donc pu être réorienté vers d'autres projets en cours de route. Le budget prévu a donc bien été totalement alloué à la lutte contre le cancer.
Ceci explique probablement la réussite de ce plan cancer. Il est en effet notable que le gouvernement JOSPIN avait présenté peu de temps auparavant un autre plan, moins médiatisé et dont le financement était moins clair et qui n'a malheureusement eu aucun succès.
Lors de la mise en place du plan cancer, une commission d'experts avait émis un diagnostic sur l'état de la cancérologie française. Les constats de cette commission étaient simples : alors que le nombre de cancers augmentait, la France était mal préparée à lutter contre cette maladie, avec encore trop souvent une mortalité importante prématurée (c'est-à-dire avant 65 ans), due à un dispositif de prévention très faible, voire inexistant, et de grandes disparités dans les modes de dépistage. La commission avait relevé une inégalité dans la qualité des soins, notamment sur le plan géographique. Tous les patients ne pouvaient avoir accès aux innovations thérapeutiques ou aux soins de support de façon suffisante. Enfin la commission avait mis en évidence pour la première fois les difficultés sociales, notamment liées à la réinsertion après la guérison. Quant à la recherche, l'effort public était qualifié d'insuffisant, nécessitant un regroupement de toutes les structures de recherche, sans concurrence inappropriée ou financement en doublons. La démographie médicale était considérée comme en crise grave, avec l'absence de relève pour la moitié des 4 000 cancérologues devant partir à la retraite d'ici l'an 2015.
Le plan cancer a donc prévu de réorganiser la cancérologie en six grands chapitres: Prévention, dépistage, soins, prise en charge sociale, formation et recherche. L'Institut National du cancer a été créé pour coordonner et piloter ces missions. Un calendrier précis a été annoncé dès le départ.
Aujourd'hui, ce premier plan cancer, qui devait couvrir les années 2003 – 2007 a porté ses fruits. Il a permis de faire de grandes avancées dans le domaine de la prévention, en améliorant le système épidémiologique national, en mettant en œuvre des mesures anti-tabac, en généralisant le dépistage du cancer du sein et le dépistage du cancer du colon, ce dernier n'étant pas initialement prévu. Les objectifs ont donc été atteints voire dépassés concernant la prévention.
Concernant la recherche et la formation, beaucoup reste à faire et le rapport de la Cour des Comptes, comme de l'Inspection Générale de l'Action Sanitaire et Sociale, ont insisté sur les efforts à faire dans ce domaine.
La plus grosse partie du plan était consacrée à l'organisation des soins. Le plan cancer a bouleversé le système de prise en charge des patients. Si les médecins avaient l'habitude de se réunir pour parler des cas difficiles, la mise en œuvre du plan cancer les a obligés à formaliser ce travail. A chaque fois qu'une décision de traitement est prise pour un patient, cela doit être fait en réunion de concertation pluridisciplinaire, par plusieurs médecins, chirurgiens, aptes à gérer ce type de cas.
L'ensemble de ces réunions de concertation pluridisciplinaire et des établissements de santé sont mis en relation au sein de réseaux de cancérologie, territoriaux, puis régionaux. L'accès au réseau régional donne accès aux pôles d'excellence, et notamment aux pôles de recherche, permettant ainsi d'accéder facilement aux essais cliniques et aux thérapeutiques innovantes pour tous les patients, quel que soit leur lieu de traitement.
Ce système devrait donc viser à renforcer les soins de proximité, ce qui n'est pas le cas en région parisienne où la renommée de certains établissements concentre l'activité au centre de la région. Ceci est dommage, car la plupart des établissements de la périphérie ont obtenu des autorisations de traitement du cancer, c'est-à-dire la reconnaissance de leur capacité à soigner les patients avec le même niveau de qualité que les grands centres et en collaboration avec eux.
Il est donc à espérer que les patients aient à l'avenir moins de route à faire pour leur traitement. En effet, les séances de radiothérapie ou de chimiothérapie sont répétitives et fatigantes. Les heures passées dans les bouchons n'améliorent pas la qualité de vie en traitement.
Le plan cancer a aussi réorganisé le système de coordination médicale de la cancérologie. Lorsqu'un patient doit être pris en charge par un chirurgien, puis un radiothérapeute, puis un chimiothérapeute, tout en poursuivant ses traitements pour le diabète, l'hypertension, et en réalisant de multiples examens, il faut s'assurer que tout cela soit coordonné, que le parcours de soins soit clairement défini. Les centres de coordination en cancérologie ont pour mission de coordonner la cancérologie au sein des établissements de santé et d'assurer le suivi de la mise en œuvre du plan cancer. Ces structures, tout à fait originales et propres à la cancérologie, ont permis de s'assurer que toutes les mesures du plan cancer étaient bien effectives.
L'Essonne fait un choix un peu particulier, puisque la grande majorité des établissements a choisi de se regrouper au sein du réseau ESSONONCO pour créer un centre de coordination commun. Ceci permet d'assurer le même standard de qualité au sein de tous les établissements et une meilleure coordination entre tous les centres, privés ou publics.
Le but de cette organisation est de faire bénéficier 100 % des nouveaux patients atteints de cancer, d'une concertation pluridisciplinaire autour de leur dossier. Les patients doivent ensuite se voir remis un programme personnalisé de soins, qui indique très clairement les traitements qu'ils doivent recevoir, le lieu du traitement, les effets secondaires attendus et la date prévue de leur réalisation. Le programme permet aux patients de se repérer dans leur prise en charge et d'organiser leur vie sans attendre de savoir ce que l'équipe médicale envisage de faire.
Tout ceci s'applique aujourd'hui aux traitements des cancers colorectaux.
Ainsi, lorsqu'un examen de dépistage va révéler une tumeur du colon, il ya une première réunion de concertation pluridisciplinaire qui valide la décision de chirurgie. Lorsque le chirurgien a opéré et que les résultats définitifs d'analyse de la tumeur sont connus, les médecins se réunissent à nouveau afin de décider s'il est souhaitable de réaliser ou non une chimiothérapie. A chaque décision médicale correspond un projet de soins remis au patient, une consultation d'annonce médicale, et une consultation d'annonce infirmière, qui permettent d'informer au mieux le malade sur les bénéfices à attendre, les risques potentiels et les modalités du traitement.
Ceci permet aussi de mettre à disposition d'un plus grand nombre de patients, les nouvelles techniques de traitement du cancer.
De nouveaux traitements permettent de grandes avancées en cancérologie digestive. Ainsi, la chirurgie des métastases. Lorsqu'un patient présentait plusieurs métastases dans le foie, il n'était classiquement pas opéré. Cette attitude a été remise en cause, grâce à la découverte de chimiothérapies plus actives qui permettent de mieux contrôler la maladie. Les chirurgiens peuvent ainsi opérer des patients dont la maladie est contrôlée et enlever les métastases. Cette technique permet de traiter des patients dont le foie était auparavant considéré comme non opérable. Lorsque la tumeur peut être enlevée en totalité, ces techniques permettent de guérir la moitié des patients, alors que sans chirurgie, tous seraient décédés de leur maladie.
De grands progrès sont aussi effectués en chimiothérapie notamment grâce aux thérapeutiques ciblées. Il s'agit de médicaments spécialement développés pour s'attaquer à une partie précise de la cellule cancéreuse. Cette cible est choisie en s'assurant qu'elle n'existe pas ou peu dans les autres cellules de l'organisme. On obtient ainsi un médicament efficace avec peu de toxicité. Plusieurs de ces médicaments, comme le CETUXIMAB ou le BEVACIZUMAB sont aujourd'hui utilisés de façon courante dans le cancer du colon. Ils ont permis de gagner de l'espérance de vie mais pas encore d'augmenter le taux de guérison.
Les traitements les plus prometteurs sont les traitements antiangiogéniques c'est-à-dire des traitements qui affaiblissent les vaisseaux sanguins dont se nourrit le cancer. Beaucoup de ces traitements sont actuellement à l'essai, nous devrions en disposer en pratique courante d'ici peu.
En conclusion, les avancées de la médecine et de la chirurgie permettent de soigner de mieux en mieux le cancer du colon et de rendre curable cette maladie dans une grande majorité de cas. La mortalité est donc due principalement à un dépistage tardif.
Le plan cancer et sa mise en œuvre ont permis de mieux prendre en charge les patients, tant sur le plan du soin physique que de la prise en charge psychologique et de l'information. Le développement du dépistage et de la prévention devrait porter ses fruits dans les années à venir si la majorité de la population concernée accepte de se soumettre aux examens.
Il reste beaucoup à faire et le Plan Cancer 2 qui doit être dévoilé prochainement est très attendu, tant par les professionnels que par les patients.
Dr Jean- Baptiste MERIC – Oncologue – Centre Médical de Bligny (91)
| Les problèmes cutanés : peut-on les éviter ? | |
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Patrice DAMOUR, Stomathérapeute, Centre Médical de Bligny - Essonne (91) |
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Les problèmes cutanés : peut-on les éviter ?
Présentation faite à l'Assemblée Générale d'ILCO 91
Samedi 25 octobre 2008 - Centre Médical de Bligny - Essonne (91)
Les personnes stomisées sont souvent confrontées à des problèmes cutanés péristomiaux.
Il existe différentes causes possibles, hormis les pathologies purement dermatologiques.
Parmi ces causes, nous pouvons constater le manque d’information et de suivi à la sortie des établissements de santé. Une prise en charge éducative inappropriée, des appareillages et produits inadaptés ou encore les modifications de la stomie ou de l’abdomen.
Ces différents problèmes se répercutent sur la qualité de vie des stomisés.
Une des causes de problèmes cutanés est la mauvaise indication de l’appareillage et des techniques de soins.
Il y a beaucoup de produits disponibles, ce qui permet aux professionnels et aux stomisés d’avoir un choix optimum. Certains de ces appareillages ont une indication spécifique en fonction des critères observés lors des soins.
Les fabricants de matériel réalisent des nouveaux produits de plus en plus performants qui peuvent répondre aux différentes situations.
Concernant certains produits utilisés, la stomie a encore tendance à être considérée comme une plaie.
Bien qu’il y ait eu de grands changements depuis ces dernières années dans le monde médical et paramédical, nous trouvons encore des utilisateurs et prescripteurs de produits agressifs (dérivés alcoolisés,éther, antiseptiques, teintures….).
L’utilisation de ces produits provoque une altération de la peau à long terme. Le matériel utilisé pour nettoyer la stomie est aussi un facteur aggravant (papiers irritants, gants rushs, ou lingettes parfumées alcoolisées….)
Certaines réactions cutanées sont dues à des produits allergiques, des mycoses (diagnostiquées), des folliculites (inflammation des poils surtout chez les hommes)ou encore des maladies de peau.
Dans la plupart des lésions cutanées péristomiales, nous retrouvons souvent les dermites.
Pour les personnes stomisées digestives, les selles corrosives liquides ou stagnantes sous l’appareillage en sont les causes.
Les personnes urostomisées sont confrontées à des dermites dues aux fuites répétées et aux macérations cutanées.
Ces dermites peuvent être accompagnées de dépôts de cristaux (granulomesinflammatoires sous cutanés). Ces granulomes ont tendance à se former en cas d’urines alcalines, infectées et de stomie plane.
Les conséquences liées à la modification de la stomie (prolapsus, rétrécissement del’orifice…)et à la modification de l’abdomen (éventration, pli ou creux) rendent les appareillages parfois inefficaces.
Ces problèmes ont tendance à provoquer des fuites et à entraîner des irritations cutanées. Le matériel préconisé lors de l’hospitalisation ne sera peut être plus adapté.
Devant ces différentes situations entraînant des lésions cutanées, que peut-on proposer ?
Une irritation cutanée peut être guérie aussi vite qu’elle est apparue. Il suffit que la personne stomisée soit orientée vers les bons professionnels.
Il est important de pouvoir diriger le futur ou nouveau stomisé vers des professionnels de santé ayant une expertise en stomathérapie. Le ou la stomathérapeute, ou l’infirmier(e) référent(e) lors de l’hospitalisation du patient, sont les personnes ressources qui pourront prendre en charge ces éventuelles complications.
D’autres intervenants comme les chirurgiens, les dermatologues, les infirmiers libéraux ou les médecins traitants, peuvent aider et orienter le stomisé en fonction des problèmes observés.
La personne stomisée doit être dirigée et suivie avant et après la confection de la stomie. Elle pourra alors bénéficier d’une prise en charge préventive et éducative.
Pour résoudre certains problèmes cutanés, en complément des soins locaux, il est nécessaire de refaire un bilan de la prise en charge.
Il faudra en rechercher les causes, les gérer et les traiter.
Une réévaluation de la technique du soin, du matériel utilisé, de l’hygiène de vie et alimentaire seront à revoir.
Patrice DAMOUR, Stomathérapeute,
Centre Médical de Bligny - Essonne (91)
| Comité de Liaison en Alimentation et Nutrition | |
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Dr Emmanuelle Gary Ben Redjeb - Service d'Onco-hématologie court-séjour, Centre Médical de Bligny (Essonne 91) |
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Comité de Liaison en Alimentation et Nutrition
Dr Emmanuelle Gary Ben Redjeb
Service d’Onco-hématologie court-séjour, centre hospitalier de Bligny
Présidente du CLAN
Présentation faite à l'Assemblée Générale d'ILCO 91 le 25 octobre 2008 au Centre Médical de Bligny (Essonne 91)
« Il faut manger pour vivre ». Cet adage de bon sens est parfois négligé à l’hôpital, notamment lors du traitement de pathologies lourdes et complexes qui mobilisent des moyens humains et techniques considérables.
Le patient doit rester au centre des préoccupations des soignants, et son assiette ne doit pas être oubliée, ce qui nécessite de mobiliser de nombreux professionnels impliqués.
Définition et rôle du CLAN :
La prise en charge nutritionnelle des patients hospitalisés est une des priorités définies par l’HAS (Haute Autorité de Santé). Dans les recommandations les plus récentes, il est précisé que le statut nutritionnel des patients doit être évalué à son admission, et qu’une prise en charge spécifique doit être proposée si elle est nécessaire. Pour répondre à ces critères, les hôpitaux mettent en place des CLAN : Comités de Liaison en Alimentation et Nutrition.
Le CLAN a pour objet de réunir au sein d’une même instance consultative toutes les parties prenantes de l’hôpital en matière d’alimentation et nutrition, avec pour objectif de définir la politique d’amélioration de la prise en charge de l’alimentation et de la nutrition au sein de l’établissement.
Ses missions sont d’harmoniser les pratiques professionnelles relatives à l’alimentation-nutrition au sein de l’établissement, en définissant des objectifs communs, les actions prioritaires à mener pour les atteindre, et en apportant des réponses aux problématiques spécifiques de l’établissement. Par ailleurs, le CLAN est responsable de la formation continue du personnel en matière d’alimentation nutrition, et, avec une moindre priorité, de l’alimentation des soignants sur leur lieu de travail (cantine, respect des régimes, conseils…etc).
Le CLAN est donc un groupe de travail qui doit réunir les différents professionnels impliqués auprès du patient en ce qui concerne son alimentation et ses repas, de la fabrication à l’assiette. Il comprend des représentants de la restauration, des diététicien(ne)s, des médecins, des représentants des soignants (infirmièr(e)s, aide-soignant(e)s), des représentants de la direction, des représentants du service d’hygiène, et un représentant des usagers dont la vision extrahospitalière est indispensable pour donner un éclairage plus proche de celui du patient aux discussions ou aux projets.
Dépistage de la dénutrition :
L’un des premiers objectifs du CLAN est de s’assurer que la dénutrition, phénomène très fréquent chez les patients hospitalisés, est correctement prise en compte.
La dénutrition est une pathologie fréquente, en particulier chez les sujets âgés. Elle toucherait de 30 à 60 % des sujets âgés pris en charge dans les établissements hospitaliers, et plus particulièrement en soins de suite et réadaptation. De nombreuses études ont montré que la dénutrition augmente la morbidité (pathologies associées), la durée d’hospitalisation, les escarres, les complications postopératoires, et les complications infectieuses.
La dénutrition est liée à de nombreux facteurs, en rapport avec la pathologie du sujet : hyper catabolisme(1) chez les patients atteints de maladie infectieuse, troubles de la déglutition chez les patients atteints de certaines maladies neurologiques, malabsorption chez les patients porteurs de stomies digestives…etc. Mais la cause principale de la dénutrition reste la diminution des apports alimentaires, sur laquelle les soignants doivent intervenir le plus précocement possible. Les personnes malades mangent moins, en raison d’une absence de goût, d’une absence de sensation de faim, de leur fatigue, parfois de nausées. Cela peut être encore accentué, chez le sujet âgé, par des troubles bucco-dentaires, les régimes restrictifs (diabétique, sans sel, sans cholestérol….), les syndromes démentiels et autres troubles neurologiques.
Au centre médical de Bligny, le CLAN a conduit une enquête pour évaluer le dépistage de la dénutrition chez les patients hospitalisés, et des mesures ont été mises en place pour améliorer ce dépistage. Des outils de suivi ont été élaborés, avec l’obligation pour les soignants de peser et mesurer les patients, mais aussi d’évaluer leur perte de poids éventuelle en recueillant le poids considéré comme poids de référence, avant la maladie. Les équipes ont donc été formées à la prise en charge de la dénutrition, avec comme objectif une meilleure adaptation des repas aux besoins des patients, et ce dès leur admission.
Adaptation des repas aux patients hospitalisés :
Les besoins des patients sont différents en matière de diététique, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif.
Les rythmes des repas et leur composition doivent être différents d’une pathologie à l’autre et d’un patient à l’autre : nécessité de repas fractionnés après des interventions chirurgicales sur l’œsophage ou l’estomac, repas froids chez les patients en cours de chimiothérapie provoquant des nausées, éviction ou limitation des fibres dans le cas de certaines stomies digestives, voire adaptation selon le volume des selles ou leur fréquence dans certaines situations.
Les régimes doivent être respectés, hypocalorique et hypocholestérolémiant chez certains patients porteurs de pathologies vasculaires, ou au contraire hypercalorique et hyperprotéique en phase de cicatrisation par exemple, tout en étant adaptés aux goûts et aux envies des patients. Le suivi d’un régime, quel qu’il soit, sera plus facile si les plats proposés sont bien présentés, appétissants, de goûts et textures variées, tenant compte également des particularités ethniques ou religieuses. Certains troubles de la déglutition imposent des régimes aux textures modifiées (mouliné, gélifié..etc), pour lesquels la variété est plus difficile à obtenir mais garde une importance majeure.
Par ailleurs, il a été montré dans certains établissement que le mode de délivrance des repas ou leur horaire pouvait influencer de façon significative la prise alimentaire des patients, et une réflexion doit également être menée sur la répartition des repas dans la journée : intérêt des collations, limitation de la période de jeûne nocturne, limitation des jeûnes qui ne sont pas toujours indispensables avant certains examens…etc.
Ces considérations expliquent la nécessité, au sein du CLAN, de faire collaborer les responsables de la restauration, les diététicien(ne)s, les représentants des patients et les soignants, dans le but d’optimiser la prise charge nutritionnelle et diététique.
Conclusion :
L’alimentation joue un rôle important dans le maintien de l’état de santé de tout sujet mais plus encore des personnes malades, pour des raisons médicales (régime, interdits), pour des raisons nutritives (apports adaptés, besoins), mais aussi pour le plaisir. Il est donc important que des efforts soient faits pour que les patients aient non seulement une alimentation adaptée à leurs besoins mais aussi à leurs goûts, leurs envies, et leurs habitudes.
Le parcours de l’aliment à l’assiette du patient fait intervenir de nombreux professionnels différents qui doivent se coordonner, ce qui est possible au sein des CLAN, avec comme objectif principal une meilleure réactivité aux problèmes posés par l’alimentation du patient et une prise en charge adaptée à chaque situation.
(1) Hypercatabolisme :accentuation des mécanismes biologiques cellulaires aboutissant notamment à la production d'énergie pour le fonctionnement de l’organisme.
| Les colectomies sous coelioscopie | |
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Exposé médical du Docteur Philippe JOURDANNE, Chirurgie viscérale et générale - Hôpital Privé Paris Essonne (91) à Arpajon. |
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LES COLECTOMIES SOUS COELIOSCOPIE
Présentation médicale faite par le Docteur Philippe JOURDANNE,
Chirurgie viscérale et générale à l'hôpital Privé Paris Essonne à Arpajon
Assemblée Générale d'ILCO 91 au Centre Médical de Bligny
Samedi 20 novembre 2010
La chirurgie du colon pas été de tout temps une chirurgie majeure avec une morbidité et une mortalité importantes jusque dans les années 90. Il s’agissait de malades lourds le plus souvent hospitalisés en soins intensifs avec des durées d’hospitalisation pouvant aller de 15 jours à trois semaines.
Les progrès de la réanimation et de la chirurgie ont permis d’en faire une chirurgie quasi banale avec une morbidité et mortalité très faible et des durées d’hospitalisation très courtes (5 à 10 jours).
C’est en partie grâce à la coelioscopie, que les Américains appellent la deuxième révolution française, et qui fut essentiellement développé depuis 1987 (Docteur Philippe Mouret) que tous ces progrès furent réalisés. La coelioscopie permet le même geste chirurgical avec résection limitée en cas de lésion bénigne ou résection très étendue en cas de lésion maligne avec respect des règles de la chirurgie colique et cancérologique.
La coelioscopie permet de réduire :
L’agression chirurgicale avec baisse des douleurs.
Le risque infectieux.
Les complications de décubitus.
Le risque de complications pariétales (abcès, éventration) surtout chez l’obèse
Les problèmes respiratoires.
Les risques d’adhérences.
Le temps d’hospitalisation.
La durée d’immobilisation et l’arrêt de travail.
Elle permet par ailleurs un lever très précoce une baisse de la parésie intestinale avec reprise rapide du transit et également un gain esthétique.
Les chirurgiens doivent être formés à la fois aux techniques conventionnelles et à la coelioscopie.
La coelioscopie a permis d’améliorer de façon considérable le pronostic de la chirurgie colique d’urgence.
À noter par ailleurs la facilité de reprise chirurgicale chez des malades opérés de première intention sous coelioscopie.
Les indications sont les mêmes qu’en chirurgie ouverte :
Pathologie bénigne. : diverticulose et sigmoïdite, volumineux polype, maladies inflammatoires de l’intestin.
Pathologie maligne avec respect des règles de la chirurgie oncologique.
Les contre-indications sont essentiellement d’origine pulmonaire (emphysème) et hépatique (insuffisance hépatique, troubles de la coagulation).
Toute la chirurgie colique peut être faite sous coelioscopie : colectomie droite, colectomie transverse, colectomie gauche et colectomie totale.
Les rétablissements de continuité colo-rectale sont également relativement faciles sous coelioscopie.
En conclusion la colectomie sous coelioscopie nécessite une formation particulière, elle devient quasiment routinière et à apporter une amélioration considérable du pronostic de la chirurgie colique
| Les éventrations péristomiales | |
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Exposé médical du Docteur Philippe JOURDANNE, Chirurgie viscérale et générale - Hôpital Privé Paris Essonne (91) à Arpajon. |
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LES EVENTRATIONS PERISTOMIALES
Présentation médicale faite par le Docteur Philippe JOURDANNE,
Chirurgie viscérale et générale à l'hôpital Privé Paris Essonne à Arpajon
Assemblée Générale d'ILCO 91 au Centre Médical de Bligny
Samedi 20 novembre 2010
Les éventrations peristomiales sont relativement fréquentes et peuvent déboucher sur une intervention chirurgicale dont le résultat est des plus aléatoires.
Il s’agit de l’issue d’une partie du contenu de l’abdomen à travers l’orifice non naturel crée pour le passage de la stomie.
Le diagnostic est le plus souvent fait par le patient qui consulte le stomathérapeute, le chirurgien, ou son médecin traitant à la suite de la découverte d’une voussure au niveau de sa stomie.
Ces éventrations sont plus souvent asymptomatiques mais peuvent être responsables de douleur, de syndrome occlusif intermittent ou j’aimerais les difficultés d’appareillage avec parfois des lésions cutanées. Son contenu et soit le colon qui s’est déroulé soit l’épiploon soit le grêle soit l’estomac. Les complications les plus grands de ce la strangulation, la perforation et l’occlusion.
Ces éventrations surviennent essentiellement dans les premières années mais peuvent parfois survenir 20 ans après.
Les causes sont essentiellement de trois ordres :
Technique : La taille de l’orifice.
Infectieux : notamment un abcès dans les 15 premiers jours.
Par tension chronique excessive exercée sur les muscles avec une note particulière pour l’obésité.
Progressivement, l’intestin sort de la cavité abdominale pour se mettre dans une néocavité entre le muscle et la peau.
Le traitement est essentiellement l’abstention chirurgicale avec au besoin l’aide d’une ceinture STOMIBELT avec son risque de fonte musculaire.
15 % des éventrations sont opérés mais il faut savoir que les récidives sont très fréquentes.
Trois techniques :
Les raphies qui ne nécessitent qu’une voix d’abord locale mais qui donnent de très mauvais résultats avec récidive dans plus de 50 % des cas .
Les transpositions de stomie qui donne de meilleurs résultats mais avec toujours des risques de récidive important et surtout une voix d’abord le plus souvent large nécessitant des dissections laborieuses.
Les plaques, qui sont la meilleure solution et qui donne de meilleurs résultats mais qui pose le problème essentiel du risque infectieux pouvant entraîner le malade dans des complications redoutables. Ces plaques peuvent être mises localement ou par laparotomie ou au mieux si cela est possible par coelioscopie.
En conclusion : ces éventrations sont fréquentes, peu évitables, l’abstention thérapeutique est souvent la meilleure chose. Le meilleur traitement reste quand cela est possible la mise en place d’une plaque par coelioscopie.
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